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LA LIBRE EXPRESSION DE BRUNO DABONNEVILLE
Un monde, un rêve »… Mais derrière, un vrai cauchemar !

La fête est terminée, les JO, tant décriés avant leur démarrage, sont clos depuis ce jour du 24 août 2008.
Adieu Beijing 2008, Vive London 2012 !
Encore quatre années à attendre pour passer de la Cité Interdite à la City londonienne, en passant du Pékinois au Yorkshire, et fêter les XXXième olympiades modernes.
Que penser de l’effet de ces jeux, en plein mois d’août pendant que le travailleur moyen transhume vers la méditerranée ?
Les larmes de Laure Manaudou reléguèrent-elles au second plan Hautmont et la Georgie ?
Crurent-ils, ces vacanciers, que l’absence de Liou Xang à l’épreuve des 110 mètres haies( et donc la chance pour la Chine de décrocher une 101ème médaille) endeuillait tout un peuple et mettait son entraîneur au bord du suicide ?
Il fallait que la cérémonie d’ouverture marque les esprits à tout prix : quitte à ce qu’on travestisse la réalité comme l’exemple de la petite fille chantant en play-back :
« Ce mardi matin, fut la journée d’une révélation supplémentaire. Chen Qigang, directeur musical de la grande soirée d’ouverture vient d’admettre, sans aucune gêne, que Lin Miaoke, neuf ans, devenue star depuis le chant de "L’Ode à la Patrie", était en fait, en play-back. Et c’est en coulisses que Yan Peiyi, sept ans, la véritable chanteuse, donnait de la voix, à l’abri des regards. Pourquoi? Parce que devant quatre milliards de téléspectateurs, il vaut mieux éviter de voir à l’écran, une petite fille rondouillarde aux dents mal alignées. "Nous voulions projeter l'image parfaite, nous avons pensé à ce qui serait le meilleur pour la nation", souligne Chen Qigang. Et pour se défendre assez malencontreusement, Chen Qigang lance que la décision finale est revenue à un haut dirigeant du Parti Communiste Chinois (PCC), venu assister aux répétitions et jugeant la première fillette (Yan Peiyi, la moins jolie) comme "un problème": "Il nous a dit qu’il y avait un problème et qu’il fallait le résoudre, on l'a résolu". » http://expresse.exite.fr
Il fallait non seulement un joli chant mais également une jolie chanteuse.
Même chose pour les rues de Pékin - Pékin veut être rutilante pour accueillir les Jeux Olympiques. Dans cette vaste opération de relookage, les autorités envoient à la pelle mendiants, drogués, clandestins dans d’immenses camps de rééducation. Histoire de ne pas faire tâche. Les défenseurs des libertés, eux, sont assignés à résidence.
Je ne vous parlerai pas de la cérémonie d’ouverture, que j’ai boycotté contrairement à notre Président de la République, mais de l’avant lancement de ces jeux et de l’accueil de la presse. Cela démarra plutôt mal, par la volonté affichée de Pékin de contrôler les informations qui entreraient et sortiraient, de la ville en particulier, et de la Chine en général. Bon nombre d’articles relatent des cas d’intimidation voire d’arrestation. Selon Roger Faligot, chroniqueur à « Rue 89 », pour protéger les JO, entre 150 000 à 200 000 agents du Bureau 610 (le KGB chinois ) ont été mobilisés. Les officiels chinois ont proposé des téléphones portables comme cadeau de bienvenue aux membres de la délégation française. Selon Le Canard enchainé, ces téléphones serviraient à mettre sur écoute les officiels français.
Dire que tous les Chinois étaient fiers que les JO se passent dans leur pays, admettons le, mais que tous en soient satisfaits, il y a une marge.
Aux 1.350.000.000 Chinois, retirons peut-être ceux du Sichuan victimes du tremblement de terre et attendant une aide désespérément. Retirons aussi les Tibétains qui continuèrent de subir la répression des autorités chinoises, JO ou pas JO. Excluons aussi les paysans loin de Pékin et sans télévision ( le taux d’équipement électroménager reste faible en Chine), pour qui les jeux olympiques ne représentent rien de bien concret, et excluons enfin ceux qui furent emprisonnés par précaution par le gouvernement pour que les jeux olympiques se déroulent sans vague de contestation. Restent les Pékinois eux-mêmes, mais là encore l’arrêt des usines les plus polluantes quelque temps avant les jeux a sûrement eu des répercutions et des désagréments. La crainte de manque d'eau à Pékin pendant les JO semble avoir donné lieu à de grands travaux d'aménagement. Selon le quotidien français Libération, « certains experts non officiels estiment que les jeux entraîneront une augmentation de 30% des besoins en eau de Pékin.» La presse d'Etat chinoise a tout de même annoncé le détournement du Fleuve jaune vers Pékin. Libération affirme en mars 2008 que « Pékin assèche le pays tout entier », citant notamment un nouveau canal qui doit apporter vers Pékin les eaux d'un affluent du Yangzi. Pékin absorberait également l'eau de la très sèche province du Hénan et du lointain Shaanxi, selon un responsable local interrogé par le Financial Time.
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Exceptés tous ces mécontents, l’allégresse régnait au pays de l’Empire du Milieu.
Il est amusant de constater que le pays organisateur fut aussi celui qui remporta le plus de médailles d’or (51 pour 302 épreuves) alors qu’à Athènes elle n’en obtenait que 32 pour 301 épreuves.
On peut également constater que si ces JO chinois furent aux dires des athlètes et de tous, très bien organisés, ils coûteront au bas mot 26 milliards € contre 9 pour Athènes en 2004.
Que dire également des supporters chinois, plus chauvins lors des épreuves, tu meurs !
Lors de certaines épreuves où la Chine était représentée, des fonctionnaires étaient « invités » sur temps de travail à venir encourager leur équipe. Le Chinois moyen a peu l’occasion de pratiquer un sport ou de participer aux événements sportifs, le sport en Chine est une affaire d’Etat et à côté de centres « d’élevage de champions », les associations sportives et la pratique du sport au quotidien sont quasi inconnues. Il en résulte que le gouvernement de Pékin a dû former ses supporters avant de les envoyer sur les terrains de hand-ball ou de volley. Une interview réalisée par France Télévision montre ce phénomène où une vingtaine de personnes toutes de jaune vêtues et encadrées par des chefs de groupes ne savent répondre aux questions simples du journaliste sur le hand-ball, et qui sans complexe, déclarent ne rien connaître mais suivre leur délégation. Autre exemple : au moment de la finale des 110 mètres haies, dès que le public sut que leur champion déclarait forfait, il déserta quasiment en totalité le stade d’athlétisme se moquant bien de savoir qui remporterait finalement la course.
En fait, des supporters nationalistes engagés par les autorités chinoises, dans une nation où sport d’Etat devient raison d’Etat, où un peuple semble heureux et surveillé, pour s’assurer qu’il l’est !
Que dire des résultats ?!
La Chine gagne 37 médailles supplémentaires (dont 19 supplémentaires en or) en comparaison à Athènes… tout comme l’Australie en avait gagné 17 de plus entre Atlanta et Sidney, en revanche la Grèce n’avait augmenté que de trois le nombre de ses médailles entre Sidney et Athènes. Y aurait-il une prime au pays organisateur ?
Sidney 2000 Or arg bron tot 1 3 4 5 6 7 8 9 10 |
Athènes 2004Or arg bron tot 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Corée du Sud 9 12 9 30 10 Royaume-Uni 9 9 12 30 |
Pékin 2008
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Quand on sait que la Chine
n’apprécie guère son voisin russe et encore moins son voisin japonais,
on se dit que le hasard a bien fait les choses. Qui croit au hasard ?
Et qu’a promis la Grande Bretagne pour bénéficier d’une telle
clémence ???
Rappelons simplement que le 26 juin 2005, Le Comité Olympique de Pékin 2008 annonce que : « le slogan pour les Jeux olympiques de 2008 est « Un monde, un rêve. » Le slogan invite le monde entier à se joindre à l'esprit olympique et à construire un avenir meilleur pour l'humanité. Il a été choisi parmi plus de 210 000 propositions présentées dans le monde entier. » Vite, réveillons-nous !!!