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LA LIBRE EXPRESSION DE BRUNO DABONNEVILLE

LA VOIX DE SON MAITRE 


A l’image de Nipper, le plus célèbre terrier du monde (voir photo), la télévision publique Française répond désormais à ce label Pathé Marconi. On savait déjà la télévision privée (TF1&M6) aux ordres du pouvoir sarkozyste, il faudra ajouter désormais France 2 et FR3, à la, déjà très longue, liste des médias, si ce n’est contrôlés, tout au moins fortement inspirés, par notre monarque libéral.
Dès les premiers jours du petit Nicolas à l’Elysée, il y eut des transfuges de TF1 vers la présidence de la république et inversement, qui confirmaient que Bouygues et Sarko, en bon copains, pouvaient s’échanger leur lieutenant, en l’occurrence Laurent Solly, qui après avoir orchestré la campagne de notre « petit père des peuples » libéral était propulsé directeur adjoint de la Une, en échange TF1 fournissait un conseiller presse à notre « bien aimé président ».
Plus récemment, notre président, admiratif devant les compétences professionnelles (et plus si affinités) de Laurence Ferrari, soufflait dans l’oreille complaisante de Martin Bouygues qu’elle pourrait servir à rajeunir la chaîne et en particulier le sacro-saint « 20Heures » où PPDA officiait depuis plus de vingt ans. Le grand manitou de TF1, n’en demandait pas plus pour pouvoir enfin virer ce diplodocus médiatique qui avait déplu au pouvoir dès les premières interviews, comparant Notre Nicolas à un petit enfant lors de son passage au G8.
On savait TF1 en proie à une sévère baisse d’audience et il fallait trouver des solutions pour redorer l’audimat de la chaîne. Comme beaucoup d’entreprises privées en France : lorsque tout va bien les chefs d’entreprises se plaignent du carcan de l’Etat, et quand tout va mal c’est vers l’Etat qu’ils appellent « à l’aide ». Dans le cas de TF1, l’interlocuteur était tout trouvé pour tenter de faire que la télé privée, déjà concurrencée par les chaînes de la TNT et Internet, puisse reprendre la main et faire fructifier les investissements engagés.
La première mesure permettra aux chaines hertziennes de rentrer dans le capital des chaînes TNT à hauteur de 8% au lieu des 2.5% précédemment. Deuxièmement, il fallait que nos chaînes privées puissent, encore un peu plus, bénéficier des mannes financières de la publicité. Nicolas trouva la manière de favoriser le privé en voulant révolutionner le public : supprimer la pub sur le service public et relancer le vieux serpent de mer d’un service public de qualité libéré des contingences des financeurs publicitaires capable d’offrir des programmes populaires et culturels de chaînes publiques financées par l’Etat.

Le petit Nicolas se fichait éperdument de la télé publique et pour preuve : il demanda à Copé, son meilleur ennemi, de mettre en place une commission. La commission constitue pour ce gouvernement l’arme absolue et le plus sûr moyen pour enterrer une « réforme » (il y avait eu un précédent la commission Attali) et du même coup masquer une autre volonté moins avouable, favoriser les copains : Bouygues, Bolloré, Arnault. Cette commission Copé avait pour but de mettre sur feuille les décisions prises depuis des lustres par le petit Nicolas et surtout ne pas proposer autre chose.la commission rendit son rapport et Sarkozy décida que
1. la télé privée bénéficierait d’un droit à une seconde coupure publicitaire pendant les films du soir
2. la télé publique n’aurait plus le droit à la pub après 20H
3. il nommerait lui-même les directeurs des chaines publiques
Circulez ! Y a rien à voir !
L’indépendance dont pouvait encore bénéficier le service public de l’audiovisuel venait d’en prendre un grand coup. Sans une recette publicitaire (650 millions d’euros prévus en 2012 que les contribuables que nous sommes devront acquitter) dépendante totalement des subventions que souhaitera lui accorder notre gouvernement à l’avenir et avec un PDG aux ordres de l’Elysée, France 2 et FR3 redevenaient « la voix de son maître » comme l’ORTF des années 70 ou la télé chinoise actuelle. Une télé payée par l’impôt pour le plus grand bénéfice du secteur privé payé par la pub.
Côté privé, Bouygues, qui déteste Bolloré (vous savez l’homme du yacht) pouvait se réjouir de voir TF1 reprendre du poil de la bête et du même coup il pouvait envisager sa revente (on parle de Bolloré,) pour ensuite racheter AREVA et pouvoir diffuser sans compter le nucléaire civil auprès de toutes les dictatures de la planète.
Vincent Bolloré, qui déteste Bouygues, quant à lui, président du groupe de communication Havas(n°1 de la pub mondiale), actionnaire majoritaire de l’institut de sondages CSA, créateur de journaux gratuits, patron de Direct8 chaîne TNT et accessoirement détenteur de 40% de la SFP (société de production de France télévision) et de l’institut Médiamétrie (mesure de l’audimat), se frottait également les mains, lui le corsaire du monde des médias à qui on apportait TF1 sur un plateau.
L’opération main mise sur le PAF avait réussi et le petit Nicolas après avoir muselé la presse écrite, avait la télé à ses pieds à l’image de Poutine ou de Berlusconi. Finies les photos de Paris Match où Cécilia trônait avec son amant de l’époque et son mari d’aujourd’hui, finies les diverses avanies de cette presse gauchiste* qu’il fallait rappeler constamment à l’ordre ; la boucle audiovisuelle était bouclée. La presse écrite et audiovisuelle est aujourd’hui libre….de penser comme Nicolas ou de mourir.

*à titre d’information
• « Libération » appartient au groupe De Rotschild
• Le Figaro, l’Express, la Voix du Nord et la plupart des titres de la presse régionale appartiennent à la SOCPRESSE de S.Dassault
• « Le Monde » sous la coupe de Lagardère
• Europe1, Europe 2 TV, Paris Match, MCM, le plus gros distributeur de presse (NMPP) dirigés par A.Lagardère actionnaire important d’EADS
• « La Tribune », « Les Echos » détenus par B.Arnault (1ère fortune de France) groupe LVMH



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