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LA LIBRE EXPRESSION DE BRUNO DABONNEVILLE
LE MILITANT

A en croire Wikipédia :
On assiste aujourd'hui à l'apparition, chez les nouvelles générations, d'une autre forme de militantisme : le militantisme post-it L'individualisation de la société et le désenchantement idéologique poussent de plus en plus de gens à s'engager ponctuellement pour des causes précises et concrètes. Ces personnes se mobilisent selon leurs besoins et aspirations du moment, mais cette mobilisation ne s'inscrit pas forcément dans la durée.Les anciennes générations se sentaient partie prenante du parti politique (par exemple) qu'ils défendaient, se considérant comme des éléments permettant à la machine d'avancer. Les nouveaux militants ne s'engagent plus que pour les causes qui leur tiennent à cœur. Les spécificités idéologiques de chacun émergent, seules les causes correspondant aux idées et convictions personnelles (et non plus à l'idéologie d'un groupe) sont défendues
Il y aurait donc le militantisme d’avant (à la papa) et le militantisme nouveau (comme chaque année le Beaujolais). Doit-on, pour autant s’en plaindre et critiquer négativement. La prise de conscience du militant de ne plus vouloir être un simple godillot ou un fidèle d’une « église Marxiste ou Libéral » est en soit plutôt à porter au crédit du militant actuel. Le militant d’aujourd’hui réfléchit, soupèse et analyse l’action et les buts de celle-ci, pouvant s’enflammer comme avant pour une cause mais gardant son libre arbitre quant à épouser une théorie dans son ensemble.
Du point de vue du parti politique, les choses peuvent être plus difficiles à appréhender. Comment conserver un parti de militants alors même que les militants adhèrent par morceaux aux principes de ce même parti ? Nous l’avons vécu, nous militants socialistes, avec la récente Déclaration de principes de 2008 qui suscita chez nombre d’entre nous doutes et perplexité sur l’aspect non révolutionnaire affiché ou sur la position européenne tiède qu’a pris le PS dans cette déclaration.
A contrario, le parti socialiste aujourd’hui est loin de présenter une vision messianique et de bâtir une théorie entièrement ficelée qui permette au militant de base d’avoir une explication à tout et pour tout comme ce fût le cas dans les années 50-60 où l’évocation simple de la lutte des classes pouvait répondre à toutes les questions.
L'essentiel est d'avoir un bon programme (bien actualisé). L'illusion qu'il est possible d'enfermer le futur dans un texte résolvant tous les problèmes tient bon. Elle est tellement sécurisante ! "Le Crayon entre les Dents" de mars 1978
Il serait faux d'opposer des techniques militantes traditionnelles à abandonner et des techniques nouvelles à développer. Tout est dans la manière pour les unes comme pour les autres. Si les tracts sont jetés dès la lecture des deux premières lignes, c'est souvent parce que le lecteur devine aisément la suite. Ceux qui disent vraiment des choses nouvelles et qui bénéficient d'une accroche un peu originale ont des chances de subir un sort plus favorable.
De même certaines réunions publiques non spectaculaires mais bien animées et portant sur un thème précis permettent une réelle participation des présents. Elles sont ainsi beaucoup plus efficaces que nombre de meetings de vedettes politiques.
Enfin, les partis politiques négligent généralement l'importance des discussions personnelles dans la formation de l'opinion publique. Celle-ci est structurée dans une mesure importante par l'activité verbale d'une multitude de «leaders locaux d'opinion», la «grande gueule» d'un atelier, le maire d'un village etc. Ceux-ci diffusent autour d'eux un certain nombre d'idées et d'attitudes qui entraînent une sélectivité idéologique de la part de leur entourage concernant sa façon de recevoir le message des médias. Directement ou indirectement, ils ont par conséquent une grande influence sur les positions idéologiques de leur entourage.
Les militants doivent être capables de jouer le rôle de leaders locaux d'opinion (dans leur quartier, dans leur immeuble, dans leur bureau etc.). Pour cela, il leur faut entretenir avec le milieu où ils veulent remplir cette fonction un rapport autre que seulement politique. Ce rapport doit également être un rapport professionnel ou de voisinage ou encore d'amitié... C'est là l'important problème de l'insertion sociale des militants. Un bon militant ne peut être seulement un militant. Eric DUPIN (Eric DUPIN journaliste politique à « Libération » de 1981 à 1996 et 1999-2001)"Le Crayon entre les Dents" de mars 1978
Voilà en tout cas un texte vieux de 30 ans qui mérite réflexion pour chacun d’entre nous qui militons, et qui devrait faire réfléchir aussi les dirigeants à quelque niveau qu’ils se trouvent. Le militantisme souffrirait-il aujourd’hui d’un manque de proximité ? Doit-on convertir ou expliquer ? Doit-on suivre l’idée que l’on se fait du « bien et du bon pour les gens » ou doit-on leur apporter d’autres choses qui leur permettent de réfléchir et de participer aux débats culturels politiques ou autres ?