
PARIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy, qui voulait incarner une "rupture" avec la politique de ses prédécesseurs, fête le 6 mai le premier anniversaire de son élection dans un climat de désenchantement général.
Selon l'Insee, le moral des ménages est au plus bas depuis 1987. Dans les sondages, Nicolas Sarkozy est le président de la Ve République le plus mal noté par les Français (jusqu'à deux tiers de mécontents). "Il avait pu gagner un électorat qui n'était pas de notre bord. Maintenant ceux-là sont partis et c'est chez nous que le doute s'est installé", analyse le député UMP Lionnel Luca. Le malaise de la majorité, de plus en plus souvent exprimé à haute voix, a été alimenté par des faux pas à répétition de membres du gouvernement.
"Après avoir vu comment Sarkozy a mené sa campagne, on s'attendait à une équipe de super-pros et, là , on ne la voit pas", commente Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop. Tout avait pourtant commencé en fanfare pour le successeur de Jacques Chirac, élu à 52 ans à la magistrature suprême avec 53% des suffrages exprimés devant la socialiste Ségolène Royal. "Trente ans pour ça, confie-t-il le 21 mai 2007 face aux jardins ensoleillés de l'Elysée, cinq jours après sa prise de fonction. C'est l'aboutissement d'une ambition née à ses débuts au RPR, ancêtre de l'UMP, et d'une campagne mûrie depuis 2002.
DE L' "HYPER-PRESIDENT" AU PRESIDENT "BLING-BLING"
Mais son activisme forcené le conduit à se perdre dans des dossiers secondaires et à rabaisser son Premier ministre François Fillon au rang de simple "collaborateur". Il est omniprésent dans les medias - du 6 mai 2007 au 20 avril 2008, L'Express consacre 17 couvertures à Nicolas Sarkozy, à Cécilia ou à sa future nouvelle épouse, l'ex-top-model Carla Bruni, Le Nouvel Observateur 15, Paris Match 13 et Le Point 11. La saga de son divorce avec Cécilia, puis de ses vacances en Egypte ou en Jordanie avec Carla Bruni et de son remariage, détrône princes et princesses d'Europe dans la presse people.
Cette médiatisation de sa vie privée, son goût pour les montres et bijoux clinquants et les artistes de deuxième zone, sa manie de consulter ses SMS dans les circonstances les plus officielles, lui valent le sobriquet de "président bling-bling".
"Ce qui lui a été fatal, estime Frédéic Dabi (IFOP), "c'est le décalage de cette surexposition avec le vécu et les difficultés des Français, en l'absence de résultats économiques" (...).
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